C’est prouvé : nous n’avons pas l’âge de nos artères !

Dans une étude originale des chercheurs ont prouvé que date de naissance et âge du corps ne coïncident pas toujours : nos organismes vieillissent à des rythmes différents…

Science et Vie, Román Ikonicoff

Si nous le savions déjà par expérience, ces résultats scientifiques apportent des données chiffrées : ainsi, parmi les 954 adultes de 38 ans testés, sains et ne présentant aucune pathologie, les chercheurs ont mesuré des “âges biologiques” allant de 28 ans à 61 ans.

L’intérêt de l’étude ? La mesure d’un “âge biologique” chez des sujets sains permettrait de faire de la prévention, identifiant les personnes en voie de vieillissement rapide afin de leur proposer des traitements et une hygiène anti-âge…

Mesurer l’âge biologique de personnes nées entre 1972 et 1973

Concrètement, l’étude menée par une équipe internationale sous la houlette de l’Université Duke à Durham (Caroline du Nord), s’est basée sur les données médicales recueillies depuis 40 ans auprès d’hôpitaux néo-zélandais de la ville de Dunedin sur un millier de personnes nées entre 1972 et 1973 (nommée Étude Dunedin). Ces données ont été recueillies à de nombreuses reprises durant la vie de ces personnes, constituant des profils médicaux très complets.

Les chercheurs ont récupéré ces mesures sur l’évolution des biomarqueurs des 954 adultes jusqu’à l’âge de 38 ans, en particulier : le ratio hauteur/tour de anche, la masse corporelle, l’état de leur ADN ainsi que celui de plusieurs fonctions (pulmonaire, cardiovasculaire, rénal, hépatique, immunologique, etc.). En tout, 18 marqueurs biologiques suivis durant presque quatre décennies.

33 années de différence entre deux personnes de 38 ans

Ils ont alors pu mesurer le “rythme de vieillissement” des organes et des fonctions, c’est-à-dire leur détérioration progressive, ce malgré l’absence de maladie déclarée. Et pour attribuer un “âge biologique”, ils se sont servis d’un modèle informatique (algorithme) permettant de calculer un score global de l’état de l’organisme et de le comparer aux valeurs moyennes de vieillissement de la population.

Conclusion : non seulement on observe d’énormes disparités dans les âges biologiques de ces trentenaires – 33 ans de différence entre le corps le plus “jeune” (28 ans) et le corps le plus “vieux” (61 ans) – mais on constate que le sujets vieillissant plus vite voient également décliner leur capacité cognitive et leur force physique… et ils ont l’air plus vieux (mesure réalisée en montrant leur photo à un panel de personnes devant leur attribuer un âge).

Vers un diagnostic précoce du syndrome de vieillissement rapide ?

Sachant que, comme le disent les chercheurs, l’héritage génétique ne compte que pour 20% dans la manière dont le corps vieillit, l’aspect environnemental (travail, alimentation, sommeil, activité physique, etc.) est prépondérant dans ces processus.

De fait, ce type de mesure de l’âge biologique de personnes jeunes sans pathologies est une première, les études du vieillissement portant en général sur des personnes âgées et/ou en mauvaise santé. Or, dans une population mondiale vieillissante, surtout dans les pays industrialisés, ce type de mesure intéresse fortement les organismes de santé publique : un diagnostic de vieillissement rapide chez des adultes en bonne santé permettrait de mettre en place des traitements spécifiques, autant médicaux que d’hygiène de vie, avant que les maladies ne se déclarent.

 

Science et Vie, Román Ikonicoff

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